1. Pourquoi s’intéresser à l’emploi des coachs sportifs en 2025 ?

Le métier de coach sportif connaît une dynamique croissante en France, à la croisée des chemins entre politiques de santé publique, transformation du marché du fitness, et exigences accrues de professionnalisation. En 2024, il ne s’agit plus simplement de guider une séance d’entraînement, mais d’incarner une expertise technique, comportementale et souvent entrepreneuriale.

Depuis une dizaine d’années, la fonction de coach sportif est passée d’un métier marginal ou mal encadré à une figure désormais centrale dans les politiques de prévention et d’accompagnement à la santé. L’augmentation des cas de sédentarité, l’essor du sport-santé, le vieillissement démographique, mais aussi les mutations du monde du travail (flexibilisation des horaires, développement du télétravail, valorisation du bien-être) ont convergé vers une reconnaissance croissante du rôle social, éducatif et sanitaire du coach sportif.

Une fonction au croisement de plusieurs transitions

Le coach sportif opère aujourd’hui à l’intersection de trois transitions majeures :

  • Une transition sanitaire, liée à l’explosion des maladies chroniques évitables, à la hausse des prescriptions d’activité physique (décret sport sur ordonnance, 2016), et à la reconnaissance du sport comme outil thérapeutique non médicamenteux.
  • Une transition économique, avec la professionnalisation croissante du secteur, notamment via les réseaux de salles (Basic-Fit, Fitness Park…), la structuration des formations certifiantes (CQP, BPJEPS, DEJEPS, RS), et la montée des exigences des employeurs et des clients.
  • Une transition numérique, accélérée depuis la crise du Covid-19, avec la multiplication des séances en visio, des plateformes d’entraînement, des applications de suivi et de coaching personnalisé, et le brouillage des frontières entre salle de sport, domicile et espace public.

Un périmètre d’action élargi

Alors qu’il y a 15 ans, le coach sportif intervenait quasi exclusivement dans des salles privées de fitness ou des associations sportives, les terrains d’intervention se sont depuis considérablement élargis. On le retrouve désormais :

  • dans les entreprises, via des dispositifs de qualité de vie au travail (QVT),
  • en maison de santé ou en clinique de rééducation, en interface avec les kinésithérapeutes ou les médecins généralistes,
  • au domicile des clients, souvent en lien avec des besoins de reprise d’autonomie ou de lutte contre l’isolement,
  • en milieu scolaire ou universitaire, pour développer des compétences transversales liées à l’hygiène de vie, à la concentration ou à la gestion du stress.

Cette diversification a rendu le métier plus visible, mais aussi plus exigeant : il ne suffit plus de maîtriser les bases de l’anatomie et de la musculation. Il faut pouvoir adapter une pédagogie, justifier d’un positionnement professionnel, documenter ses interventions, et parfois collaborer avec des acteurs de santé ou des institutions.

Un enjeu stratégique pour la formation et l’emploi

Enfin, la question de l’emploi des coachs sportifs dépasse la simple insertion individuelle. Elle pose des questions structurantes pour les filières de formation, les réseaux d’employeurs, les financeurs publics, et les autorités de régulation. Qui encadre ? Qui forme ? Qui finance ? Qui évalue ? Le développement du métier dépend étroitement de la capacité collective à structurer les conditions d’entrée, d’exercice et de montée en compétences des professionnels.

Ainsi, étudier l’emploi des coachs sportifs en 2024 ne revient pas à faire un simple état des lieux : c’est interroger un écosystème en recomposition, où s’entrecroisent les enjeux d’insertion, de régulation, de qualité de service et d’impact social.

Un métier devenu composite et morcelé

L’autre évolution majeure tient à la transformation profonde de l’identité même du métier. Il fut un temps, encore récent, où la figure du coach sportif se confondait largement avec celle de l’entraîneur en musculation ou en force athlétique, parfois issu du culturisme ou de l’haltérophilie. L’univers de la salle de sport restait alors relativement homogène : bancs de musculation, haltères, circuits standardisés, et prescriptions d’entraînement calquées sur des logiques de performance physique.

Aujourd’hui, cette vision monolithique a laissé place à une explosion des formats, des influences et des spécialités. Le coaching sportif recouvre désormais une mosaïque de pratiques, de postures et de statuts :

  • CrossFit®, Hyrox, Functional Training : des formats mêlant intensité, compétition et entraînement croisé, popularisés par les boxes indépendantes ou les studios haut de gamme ;
  • Sport-santé, sport sur ordonnance, prévention : des interventions orientées santé publique, en lien avec le vieillissement, les maladies chroniques ou la remobilisation post-blessure ;
  • Coaching bien-être et postural : pilates, yoga, mobilité, relaxation active, où la composante mentale ou introspective est centrale ;
  • Entraînement de course à pied ou en extérieur : groupes running, coaching trail, bootcamps urbains ou périurbains ;
  • Coaching à domicile ou en entreprise : fortement boosté par la crise sanitaire et la recherche de flexibilité horaire ;
  • Studios spécialisés et premium : proposant du personal training ultra individualisé, des formats HIIT encadrés, ou des expériences “lifestyle” immersives ;
  • Strongman, street workout, haltéro 2.0 : de nouvelles hybridations issues des réseaux sociaux, du sport spectacle et de l’influence numérique.

Ce morcellement n’est pas simplement esthétique ou marketing : il complexifie la cartographie du métier, la lisibilité des compétences, et les modalités de formation initiale ou continue. Il pousse aussi les coachs à se positionner, se spécialiser, voire à segmenter leur clientèle. D’où la nécessité de penser l’emploi en lien avec cette fragmentation des pratiques, qui n’est pas un problème en soi, mais un fait structurant.

 

 

2. État des lieux de l’emploi des coachs sportifs en France (2025)

Combien de coachs sportifs exercent en France en 2025 ?

Déterminer avec précision le nombre de coachs sportifs en activité en France est un exercice complexe, tant les statuts, les parcours de formation et les pratiques professionnelles sont variés. Le coaching sportif ne fait pas l’objet d’un registre national consolidé, et les données disponibles doivent être croisées entre plusieurs sources : INSEE, France Compétences, URSSAF, INJEP, Pôle Emploi, fédérations sportives ou encore observatoires régionaux.

Une estimation réaliste : entre 80 000 et 100 000 coachs actifs

La meilleure estimation pour 2024 situe le nombre de coachs en activité effective entre 80 000 et 100 000 personnes sur le territoire français, hors activités bénévoles. Ce chiffre s’appuie sur plusieurs données structurantes :

  • 134 000 éducateurs sportifs tous statuts confondus en 2021 selon l’INJEP【INJEP, 2022】
  • Plus de 9 000 diplômés BPJEPS AF sortis chaque année depuis 2019 selon France Compétences
  • Environ 25 000 travailleurs indépendants enregistrés sous les codes APE 93.13Z ou 85.51Z (activités sportives, enseignement de disciplines sportives) selon l’URSSAF
  • 15 000 à 20 000 postes salariés dans les réseaux de clubs privés (Basic-Fit, Keep Cool, L’Orange Bleue, etc.) selon les estimations croisées du rapport Deloitte 2023 et de FranceActive

Ce chiffre englobe à la fois les coachs salariés, les auto-entrepreneurs, les vacataires en milieu associatif, les coachs à domicile, les formateurs occasionnels, ainsi que ceux qui exercent dans le cadre du sport sur ordonnance ou du sport-santé.

Une diversité de statuts professionnels

La profession est marquée par une forte hétérogénéité statutaire. Loin de se concentrer sur un seul modèle économique, le coaching s’exerce à travers plusieurs formes d’emploi, souvent cumulées ou évolutives selon les parcours.

Voici une estimation visuelle de cette répartition :

  • Salariés des clubs privés ou studios : environ 22 000 coachs, sous contrats à temps partiel ou complet
  • Auto-entrepreneurs et indépendants : environ 25 000 professionnels, souvent positionnés sur le personal training, les interventions à domicile, les créneaux associatifs ou les studios à leur nom
  • Salariés dans les collectivités locales ou le milieu associatif : environ 18 000 postes, avec une dominante dans l’animation, les dispositifs sport-santé ou les activités périscolaires
  • Intervenants vacataires ou pluriactifs : environ 10 000 professionnels exerçant en parallèle d’un autre métier, ou de façon très ponctuelle

Cette diversité, si elle offre une grande souplesse, pose des défis importants en matière de protection sociale, de continuité d’activité, et d’accès à la formation continue.

Une population jeune et en renouvellement constant

Les coachs sportifs constituent une population jeune, mobile et en constante recomposition. Plus de 60 % des professionnels ont moins de 35 ans, avec une forte dominante de primo-diplômés issus des certifications BPJEPS Activités de la Forme ou CQP.

Mais ce dynamisme apparent masque une réalité plus fragile. Selon plusieurs directions régionales de la jeunesse et des sports (DRDJSCS), 85 % des diplômés du BPJEPS quittent le métier dans les cinq années suivant leur certification. Ce chiffre, bien que variable selon les régions et les spécialités, illustre un phénomène préoccupant de désaffection précoce.

Les causes identifiées sont multiples :

  • Des conditions économiques souvent précaires (temps partiels subis, faibles marges en indépendant, saisonnalité)
  • Un manque d’accompagnement post-formation, notamment pour développer une activité durable
  • Des désillusions sur la réalité du métier (charges administratives, forte concurrence, usure physique et mentale)
  • Une faible reconnaissance institutionnelle ou salariale du métier, malgré son utilité sociale croissante

Ainsi, le renouvellement constant de la population de coachs ne reflète pas uniquement une attractivité du métier : il révèle aussi une difficulté structurelle à installer durablement une carrière dans ce secteur.

3. Typologie des statuts professionnels des coachs sportifs

L’un des traits distinctifs du métier de coach sportif réside dans la pluralité des statuts professionnels possibles. À la différence de professions plus réglementées ou cadrées (kinésithérapeute, professeur d’EPS, médecin du sport), le coaching sportif repose sur un écosystème d’emplois éclaté, souvent peu stabilisé, où le passage d’un statut à un autre est fréquent.

Une répartition statutaire très dispersée

Selon les données croisées issues de l’INSEE, de l’URSSAF, des réseaux d’employeurs (FranceActive) et des observatoires métiers régionaux, la répartition des coachs en 2024 peut être schématiquement structurée ainsi :

  • Indépendants et auto-entrepreneurs : environ 25 000 coachs
  • Salariés de clubs privés (enseignes de fitness) : environ 22 000
  • Salariés de collectivités ou structures associatives : environ 18 000
  • Vacataires, pluriactifs ou intervenants occasionnels : environ 10 000

Chaque statut présente des caractéristiques spécifiques qu’il convient d’analyser.

1. Le coach salarié de clubs privés ou d’enseignes

Ce statut concerne principalement les professionnels travaillant dans des chaînes de fitness ou des clubs indépendants structurés. Ils sont souvent sous contrat à temps partiel (15 à 25 heures/semaine), avec une forte amplitude horaire (travail en soirée, week-end).

Avantages :

  • Protection sociale intégrale (maladie, retraite, chômage)
  • Encadrement réglementaire du travail
  • Intégration à une équipe et à une structure

Limites :

  • Faible rémunération horaire brute (souvent proche du SMIC)
  • Difficulté à obtenir des temps pleins
  • Manque d’autonomie pédagogique
  • Peu de perspectives d’évolution interne

Ce statut est particulièrement répandu dans les enseignes telles que Basic-Fit, L’Orange Bleue, Fitness Park, ou encore les Cercles de la Forme.

2. Le coach indépendant ou auto-entrepreneur

C’est le statut en forte croissance depuis 2018, dopé par les démarches administratives simplifiées de l’auto-entrepreneuriat et les possibilités de personnalisation de l’offre (personal training, sport à domicile, programmes en ligne…).

Avantages :

  • Liberté d’organisation (horaires, tarifs, spécialités)
  • Potentiel de rémunération plus élevé à l’heure si clientèle stable
  • Positionnement premium ou de niche possible

Limites :

  • Absence de droits au chômage et protection sociale partielle
  • Précarité des revenus (clients irréguliers, annulations)
  • Solitude professionnelle, surcharge administrative
  • Nécessité de développer des compétences transversales : marketing, gestion, prospection, communication

Il concerne aussi bien les coachs expérimentés que les jeunes diplômés cherchant à contourner la rareté des postes salariés.

 

3. Le coach salarié du secteur public ou associatif

On retrouve ici les éducateurs sportifs recrutés par les mairies, les conseils départementaux, les associations sportives ou les maisons sport-santé. Leurs missions sont souvent tournées vers l’animation, la remobilisation sociale, l’inclusion ou le sport pour tous.

Avantages :

  • Stabilité de l’emploi (fonction publique territoriale ou CDI associatif)
  • Cohérence avec des valeurs sociales, éducatives ou sanitaires
  • Intégration à des dispositifs structurants (Maison Sport Santé, Parcours Sportif Adapté…)

Limites :

  • Salaires modérés voire bas (grilles indiciaires de la fonction publique)
  • Peu de reconnaissance du statut de coach comme métier à part entière
  • Mission souvent d’animation plutôt que d’accompagnement individualisé

 

4. Le coach vacataire ou intervenant pluriactif

Une part non négligeable des professionnels intervient à temps partiel, en parallèle d’une autre activité (enseignant EPS, préparateur physique, étudiant STAPS, etc.). Ils peuvent cumuler plusieurs statuts : salarié, auto-entrepreneur, vacataire sur mission, etc.

Avantages :

  • Flexibilité maximale
  • Permet une montée progressive en charge
  • Adapté aux reconversions ou profils expérimentés

Limites :

  • Absence de sécurisation statutaire
  • Complexité de la gestion administrative et fiscale
  • Peu de lisibilité pour le client ou l’employeur

Vers un modèle hybride ?

De plus en plus de coachs naviguent entre plusieurs statuts pour construire une activité viable. Ce modèle hybride (mi-salarié, mi-auto-entrepreneur) est de plus en plus fréquent, mais nécessite une forte capacité à s’organiser et à anticiper ses droits sociaux.

La multiplicité des statuts reflète donc la richesse du métier, mais interroge la capacité du système à structurer durablement les trajectoires professionnelles. La prochaine section abordera plus en détail les inégalités territoriales et les logiques de répartition géographique.

 

Répartition géographique et dynamiques régionales

L’emploi des coachs sportifs en France ne se répartit pas de façon homogène sur le territoire. Comme beaucoup de professions du sport, sa densité est fortement influencée par plusieurs facteurs territoriaux : démographie, niveau de vie, tissu associatif, présence de clubs ou de studios privés, infrastructures sportives, et politiques publiques locales.

L’analyse de la cartographie de l’activité montre une concentration marquée dans les zones urbaines et périurbaines, mais également l’émergence de poches de tension ou d’opportunités en milieu rural ou en Outre-mer.

 

Des pôles d’activité très urbanisés

Les régions les plus dynamiques en matière d’emploi des coachs sont logiquement celles qui combinent :

  • Une forte densité de population
  • Un pouvoir d’achat élevé ou stable
  • Un maillage important de clubs de fitness et d’installations sportives
  • Un taux d’équipement structurant pour l’activité physique encadrée

Selon les dernières données de France Travail et du Ministère des Sports :

  • L’Île-de-France concentre à elle seule près de 20 % des coachs sportifs enregistrés, avec une forte polarisation autour de Paris et de la petite couronne
  • L’Auvergne-Rhône-Alpes (notamment Lyon et Grenoble), la région PACA (Aix, Marseille, Nice) et l’Occitanie (Toulouse, Montpellier) sont également des pôles très actifs
  • Ces régions concentrent également les sièges de nombreuses franchises de fitness ou centres de formation privés

Cela s’explique à la fois par la densité de clientèle, la présence de formations diplômantes (CREPS, écoles privées, STAPS) et des politiques locales d’incitation à l’activité physique.

 

Des zones rurales et périurbaines en sous-densité

À l’inverse, certaines zones rurales ou éloignées des grandes agglomérations connaissent une sous-représentation significative de professionnels qualifiés. Ces “déserts sportifs” posent un double enjeu :

  1. Pour les habitants, un accès réduit à un accompagnement professionnel pour la remise en forme, le sport santé ou la reprise d’activité physique
  2. Pour les professionnels, une opportunité de se positionner en l’absence de concurrence directe, mais souvent freinée par une base de clientèle plus restreinte ou des freins économiques

Certaines initiatives territoriales (Maison Sport Santé, financement de postes associatifs, plans régionaux sport santé bien-être) tentent de combler ces écarts, mais les inégalités restent fortes.

 

Focus sur les DOM-TOM

Les départements et territoires d’Outre-mer représentent un terrain particulier. Selon les données du ministère des Sports, on y retrouve une densité de clubs et d’éducateurs sportifs inférieure à la moyenne nationale, mais une dynamique de formation relativement forte ces dernières années.

  • La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique concentrent l’essentiel de l’activité dans les DOM
  • Les jeunes formés sur place via les BPJEPS ou CQP ont souvent pour objectif d’exercer localement, mais les débouchés restent limités
  • Les problématiques de santé publique (obésité, diabète, inactivité) sont fortement présentes, ce qui crée une demande potentielle de coachs formés en sport-santé ou en accompagnement des publics spécifiques

La mobilité des professionnels entre métropole et territoires ultramarins est encore faible, faute de reconnaissance mutuelle des réseaux et de dispositifs de soutien à l’installation.

 

Vers une territorialisation plus stratégique de l’offre de formation

Ces disparités territoriales soulèvent une question structurelle : l’adéquation entre la carte des formations proposées et les besoins réels du terrain. Trop souvent, l’offre de formation est concentrée dans les mêmes bassins d’emploi que les clubs et les grandes villes, accentuant une forme de saturation locale.

Pour répondre aux besoins du marché et garantir l’équité territoriale, il devient stratégique de :

  • Déployer des formations mixtes ou délocalisées (présentiel/distanciel, modules en région)
  • Créer des passerelles entre coachs, professionnels de santé et collectivités locales
  • Soutenir l’installation de coachs dans les zones sous-dotées, avec des dispositifs d’amorçage ou de tutorat professionnel

4. Évolutions récentes du secteur

Entre 2020 et 2024, le marché de l’emploi des coachs sportifs en France a connu une succession de secousses, d’ajustements et de transformations structurelles. Certaines ont été conjoncturelles, comme la fermeture administrative des salles durant la pandémie, tandis que d’autres traduisent des mutations de fond dans les usages, les politiques publiques et les modèles économiques du secteur.

4.1 L’effet COVID : un révélateur brutal des fragilités du secteur

 

La crise sanitaire provoquée par le COVID-19 entre mars 2020 et juin 2021 a représenté un véritable stress test pour l’ensemble du secteur du sport encadré, et plus particulièrement pour les coachs sportifs. Durant cette période, l’activité physique a été mise en pause, déconstruite, puis réinventée. Les fermetures prolongées de clubs de fitness, l’arrêt des cours collectifs, la baisse de fréquentation des structures municipales et la défiance d’une partie du public vis-à-vis des lieux fermés ont mis à nu la fragilité structurelle du modèle d’emploi des coachs.

 

Chiffres-clés de l’impact (2020–2021)

  • Jusqu’à 330 jours de fermeture administrative cumulée pour les clubs de fitness, selon l’Union Sport & Cycle
  • 50 % de baisse moyenne de chiffre d’affaires chez les coachs auto-entrepreneurs en 2020, avec des pics de 70–80 % de perte pendant les confinements (URSSAF, 2021)
  • 1 200 clubs de fitness ont définitivement cessé leur activité entre 2020 et 2021 (source : Deloitte – European Health & Fitness Market Report, 2022)
  • Selon FranceActive, un coach sur deux a temporairement quitté le métier, soit par chômage partiel, reconversion forcée, ou activité secondaire
  • Explosion des requêtes “coach sportif en visio” ou “programme maison” sur Google Trends (+300 % en avril 2020)

Une dépendance critique aux structures d’accueil

Le confinement a révélé une réalité brutale : une grande partie des coachs dépendent d’un lieu physique pour exercer, que ce soit une salle, un studio, une structure associative ou une collectivité. Cette dépendance spatiale, couplée à une absence fréquente de fonds de roulement et de sécurisation des revenus, a rendu les coachs extrêmement vulnérables :

  • Les indépendants n’ont pas tous pu bénéficier des aides de l’État, notamment s’ils étaient en lancement d’activité ou en multi-statut
  • Les salariés à temps partiel ont souvent été les premiers à être mis à l’arrêt, certains clubs coupant toute activité encadrée pour limiter les charges
  • Le tissu associatif a connu une hibernation prolongée, suspendant des centaines de missions d’encadrement dans les communes

Une fracture entre les coachs digitalisés et les autres

La pandémie a également agi comme accélérateur de polarisation dans le métier. Les coachs les mieux préparés — disposant d’une base de clientèle fidélisée, d’outils numériques, d’une présence sur les réseaux sociaux ou de contenus monétisables — ont parfois réussi à maintenir voire réinventer leur activité.

À l’inverse, ceux qui dépendaient d’une fréquentation physique aléatoire ou d’un employeur unique se sont retrouvés sans filet.

Cela a notamment accéléré la transition vers :

  • Le coaching à distance (Zoom, Skype, applications dédiées)
  • La création de contenus “on demand” (programmes PDF, vidéos tutorielles, plateformes de streaming)
  • La migration partielle vers d’autres métiers (préparation mentale, conseil nutritionnel, réathlétisation, etc.)

Un révélateur de la précarité préexistante

Plus encore qu’un simple accident de parcours, la crise a révélé que le modèle d’emploi du coaching sportif était déjà fragile :

  • En 2019 déjà, 30 % des diplômés du BPJEPS déclarés n’étaient pas en activité six mois après leur sortie de formation (source : France Compétences)
  • Peu de mutualisation ou de syndicats puissants pour défendre les droits de ces professionnels
  • Absence de dispositifs d’accompagnement en sortie de formation pour le développement d’activité ou la consolidation de clientèle

La pandémie a donc cristallisé tous les points faibles du métier : sa précarité, son éclatement statutaire, sa dépendance infrastructurelle, et le manque de filets sociaux.

4.2 Une reprise en deux vitesses depuis 2022

 

Après le choc du COVID-19, la profession de coach sportif n’a pas connu un simple retour à la normale. La reprise a été progressive, différenciée et segmentée, dessinant les contours d’un nouveau paysage du travail sportif en France. Si certains modèles ont rebondi rapidement, d’autres peinent encore à retrouver un équilibre durable. Loin d’un “retour à l’avant”, le marché affiche désormais des lignes de fracture nettes entre territoires, formats, et profils professionnels.

Un rebond rapide des clubs… mais pas pour tous

Dès la levée des restrictions, les grandes enseignes de fitness ont massivement relancé leur activité. En 2022, la fréquentation des clubs a retrouvé son niveau pré-COVID, et l’année 2023 a même dépassé 2019 en nombre d’abonnés dans plusieurs réseaux.

Données clés issues du rapport Deloitte 2023 :

 

  • Le marché français du fitness atteint 2,5 milliards d’euros en 2022, en hausse de +16 % par rapport à 2021
  • Le nombre de membres actifs en clubs dépasse 5,9 millions d’adhérents, soit près de 9 % de la population
  • Les chaînes comme Basic-Fit, Keep Cool, Fitness Park, L’Orange Bleue ont fortement investi en matière de recrutement et de services hybrides (apps, contenus exclusifs)

 

Ce rebond a permis une reprise de l’emploi salarié, avec notamment :

  • Des vagues de recrutement de coachs en CDI dans les enseignes
  • Le retour des cours collectifs programmés
  • L’apparition de nouvelles fonctions hybrides : coach-accueil, coach-animateur digital, etc.

 

Mais cette dynamique ne s’est pas étendue à l’ensemble du secteur.

 

Une reprise plus lente pour les indépendants

À l’inverse, de nombreux coachs indépendants ont connu une reprise plus difficile, notamment ceux positionnés :

  • Sur les segments à faible valeur ajoutée (cours collectifs généralistes, clients occasionnels)
  • Dans les zones peu denses ou en périurbain
  • Sans forte présence numérique ou stratégie d’acquisition digitale

Une étude de France Travail en 2023 indique que 25 % des indépendants du sport n’ont pas retrouvé leur niveau d’activité de 2019. Parmi les freins :

  • Une érosion de la clientèle “loisir” encore prudente post-COVID
  • L’augmentation des coûts (carburant, inflation) pour les coachs à domicile
  • Une concurrence accrue avec les programmes en ligne ou les abonnements hybrides low-cost

Les segments spécialisés en croissance

Certains segments de marché ont, au contraire, connu une accélération notable, redéfinissant les opportunités d’emploi pour les coachs :

Ces évolutions modifient les logiques d’employabilité. Le diplôme reste une base, mais la capacité à occuper une niche, à se spécialiser, ou à se différencier dans l’expérience client devient déterminante.

 

Le digital : levier ou filtre ?

Enfin, le digital s’est imposé comme facteur différenciant. Les coachs capables de :

  • Créer des programmes en ligne (e-books, abonnements)
  • Animer une communauté sur Instagram, TikTok ou YouTube
  • Utiliser des apps de suivi (Trainerize, Hexfit, MyPT Hub)
  • Proposer des services hybrides (présentiel + distanciel)

… ont rebondi plus rapidement. Les autres sont restés plus exposés à l’instabilité.

Selon l’étude Reps Network 2023, 7 coachs sur 10 utilisent désormais un outil numérique dans leur relation client, contre seulement 4 sur 10 en 2019.

4.3 Vers un nouveau profil de coach en 2024

À la faveur des mutations du secteur, des attentes du public et des évolutions technologiques, le métier de coach sportif en 2024 ne peut plus se résumer à l’image classique de l’animateur musculation-haltérophilie sur plateau. Le marché exige désormais un profil composite, à la croisée de l’expertise technique, de l’accompagnement personnalisé, de l’animation communautaire, et de la capacité à intégrer des outils numériques et des logiques entrepreneuriales.

Le profil “polyvalent spécialisé” : la norme émergente

Les employeurs, les clients et les plateformes de recrutement valorisent aujourd’hui des profils capables de jongler entre plusieurs casquettes, tout en affichant une coloration différenciante.

Ce profil de coach nouvelle génération combine :

  • Des compétences techniques solides, certifiées (biomécanique, programmation, pathologies courantes, etc.)
  • Une capacité à communiquer efficacement, en présentiel comme en ligne (écoute, relationnel, pédagogie)
  • Un positionnement clair : sport santé, outdoor, mobilité, perte de poids, préparation physique, etc.
  • Une maîtrise des outils numériques (plateformes de suivi, création de contenu, réseaux sociaux)
  • Une démarche entrepreneuriale ou d’intraprenariat (fidélisation, différenciation, construction d’offre)

On passe d’un coach “exécutant” à un coach-stratège, apte à construire une carrière en lien avec ses convictions, ses forces et son environnement.

 

Les attentes du marché : segmentation, proximité, réassurance

Les tendances récentes confirment que la demande évolue vers :

  • Plus de spécialisation : le public ne cherche plus “un coach”, mais “le bon coach pour son besoin” (santé, postpartum, préparation course, mobilité, etc.)
  • Plus de proximité : lien humain, régularité des échanges, personnalisation du suivi
  • Plus de réassurance : diplômes, références, avis clients, capacité à coopérer avec d’autres pros (kiné, médecins, ostéo)

Un coach “multi-casquette” généraliste aura donc intérêt à formaliser ses domaines de compétence et à développer des “offres ciblées” pour répondre à ces attentes.

 

Le numérique devient un standard (et non un plus)

Ce qui était un avantage en 2019 (disposer d’un site, d’un compte Instagram actif, d’un CRM) est devenu un prérequis en 2024.

Les professionnels les plus compétitifs :

  • Publient régulièrement des contenus à valeur ajoutée (tips, reels, newsletters, podcasts…)
  • Ont automatisé une partie de leur gestion (calendrier, paiement, relances)
  • Proposent des programmes hybrides (présentiel + plateforme de suivi ou vidéo)
  • Développent leur propre image de marque (branding personnel, storytelling)

L’usage des outils comme Trainerize, Hexfit, MyPT Hub, Notion ou Canva est désormais fréquent chez les coachs autonomes.

 

Vers un nouveau référentiel implicite de compétences

Bien que les diplômes réglementaires (BPJEPS, CQP, titres RNCP) restent nécessaires à l’encadrement légal, le marché valorise un “méta-référentiel” non formel, constitué de soft skills, de posture et de stratégie.

Parmi les compétences devenues clés :

5. Demande du marché et attentes des employeurs

Dans un contexte de spécialisation croissante et de reconfiguration du marché de l’emploi, la question des compétences réellement attendues par les employeurs, les clients particuliers, ou les prescripteurs (collectivités, maisons sport santé, entreprises) devient centrale. En 2024, le diplôme seul ne suffit plus à garantir l’insertion durable. C’est l’ensemble du profil de compétences – techniques, comportementales, transversales et numériques – qui conditionne l’employabilité réelle du coach sportif.

5.1 Les compétences techniques de base : toujours essentielles, mais plus ciblées

 

Si le métier de coach sportif a considérablement évolué, une vérité demeure : les compétences techniques de base restent le socle de la crédibilité professionnelle. Mais il ne s’agit plus d’un simple “tronc commun” générique. Les attentes du marché, qu’il s’agisse de clubs, de clients individuels ou de prescripteurs santé, exigent une technicité contextualisée, différenciée, justifiée.

Les compétences techniques cœur de métier sont reconnues comme primordiales pour l’employabilité des coachs sportifs diplômés en 2024. Une enquête sectorielle récente montre que plus d’un tiers des besoins en compétences exprimés par les employeurs du sport concerne directement ces compétences techniques de base (33,9 % des besoins) observatoires.afdas.com. Ceci s’explique par la nature même du secteur : près de 59 % des emplois du sport concernent l’encadrement d’activités physiques et sportives observatoires.afdas.com. Avec la forte croissance du marché (le nombre d’emplois sportifs a bondi de 138 400 à plus de 196 500 entre 2014 et 2023 cosmos-sports.fr), les recruteurs recherchent des coachs immédiatement opérationnels sur les fondamentaux du métier. Dans tous les segments d’activité – personal training, sport santé, cours en clubs de fitness, interventions en collectivités ou en entreprises – la maîtrise des bases techniques conditionne une insertion professionnelle réussie.

Construction de séances individualisées

Savoir concevoir des séances adaptées à chaque public est une compétence centrale attendue des coachs. Un entraîneur efficace « élabore un programme d’entraînement à base d’exercices adaptés à chaque sportif », en dosant le rythme et l’intensité selon les besoins identifiés onisep.fr. Les référentiels de diplômes mettent l’accent sur cette capacité de programmation personnalisée : le BPJEPS “Activités de la Forme” exige la conception et la conduite de cycles d’entraînement complets, adaptés au projet de chaque structure et de chaque pratiquant francecompetences.fr. La tendance du marché va d’ailleurs vers davantage d’individualisation. Le référentiel mentionne que la diversification des publics oriente la pratique vers le coaching « sous formes individualisées ou en petits groupes », y compris dans les clubs, à domicile ou en plein air francecompetences.fr. Que ce soit en personal training ou pour des ateliers en entreprise, savoir bâtir des séances sur-mesure est donc indispensable pour répondre aux attentes des clients et des employeurs en 2024.

 

Encadrement sécuritaire

Garantir la sécurité des pratiquants est un prérequis absolu dans le métier de coach sportif. D’un point de vue réglementaire, l’activité d’éducateur sportif est encadrée par le Code du sport afin d’assurer la protection du public (article L.212-1) francecompetences.fr. Concrètement, les diplômes imposent la maîtrise des gestes de premiers secours et des règles de prévention des accidents. Par exemple, le BPJEPS “Activités de la Forme” exige que le candidat soit titulaire a minima du PSC1 (certificat de secourisme) avant l’entrée en formation francecompetences.fr. Les fiches RNCP soulignent que le coach doit encadrer « en assurant la sécurité des pratiquants, des tiers et de lui-même lors des séances » francecompetences.fr. En pratique, cela signifie savoir prévenir les blessures (échauffement, usage correct des équipements) et réagir en cas d’incident. Les organismes de formation insistent sur ce point : « Premiers secours et sécurité » font partie des compétences techniques fondamentales, afin d’être capable de gérer une urgence médicale et de garantir la sécurité des clients pendant les entraînements irss.fr. Cette exigence de sécurité s’applique à tous les contextes d’emploi – cours collectifs en salle, coaching en extérieur, interventions en milieu scolaire ou en entreprise – et conditionne la confiance des employeurs comme des usagers.

 

Connaissances en anatomie, biomécanique et pathologies

Une bonne connaissance du corps humain est un autre pilier de la compétence technique du coach sportif. Il est attendu qu’un coach maîtrise l’anatomie fonctionnelle, la physiologie de l’exercice et les bases de la biomécanique, afin de comprendre les effets de chaque mouvement sur l’organisme. « Comprendre le fonctionnement du corps humain est crucial pour créer des programmes d’entraînement sûrs et efficaces », rappelle par exemple un centre de formation irss.fr. En 2024, cette exigence s’étend aux notions de pathologies courantes et de limitations fonctionnelles, du fait de l’essor du sport-santé. Les coachs sont de plus en plus amenés à encadrer des publics variés (seniors, personnes en surpoids, individus souffrant de maladies chroniques, etc.), en adaptant la pratique. D’ailleurs, 87 % des employeurs du fitness en Europe attendent désormais des coachs qu’ils puissent travailler avec des populations diversifiées, comme les enfants, les personnes âgées ou atteintes de problèmes de santé europeactive.eu. Pour répondre à ce besoin, des certifications spécifiques émergent : par exemple, le certificat « Encadrement Sport Santé – spécialisation pathologies et handicaps » forme les éducateurs sportifs à la prise en charge de pratiquants ayant des maladies chroniques ou un handicap proactifsportsante.fr. Ces formations apportent une méthodologie d’évaluation et d’adaptation : analyse des besoins, tests d’aptitude physique pour évaluer le potentiel de progression, puis mise en place de séances d’activités physiques adaptées proactifsportsante.fr. Ainsi, que ce soit en club de fitness ou en programme de “sport sur ordonnance”, la maîtrise des bases anatomiques et physiologiques et la capacité à tenir compte des pathologies sont devenues cruciales pour l’employabilité des coachs.

 

Évaluation des progrès

Enfin, un suivi rigoureux des progrès des pratiquants fait partie intégrante des compétences techniques attendues. Les coachs doivent être capables de mesurer les performances, d’évaluer l’atteinte des objectifs et d’ajuster en continu les programmes d’entraînement. Les référentiels professionnels intègrent explicitement cette aptitude : le CQP “Instructeur Fitness” prévoit par exemple de « prévoir les modalités d’évaluation d’une séance […] en vue de proposer des ajustements sur la séance suivante » francecompetences.fr. Autrement dit, chaque cycle d’entraînement doit intégrer des critères de succès et des retours pour faire évoluer le plan d’action. Sur le terrain, la démarche d’évaluation est un marqueur de professionnalisme. Un bon coach va observer les entraînements et analyser les résultats obtenus par ses clients, afin de repérer les points faibles – fautes techniques, signes de fatigue ou blessures naissantes – et modifier sa programmation en conséquence onisep.fr. Cette culture de l’évaluation profite à tous les segments : en coaching personnalisé, elle garantit des progrès visibles (gage de satisfaction et de fidélisation de la clientèle) ; en contexte collectif ou scolaire, elle permet d’adapter le niveau des séances au public ; en entreprise, elle sert à démontrer les bienfaits concrets (amélioration de la condition physique, bien-être, cohésion d’équipe, etc.). Notons d’ailleurs que 72 % des Français qui font appel à un coach recherchent un accompagnement complet sur la santé et la qualité de vie nuevo-sport.fr – le coach doit donc être en mesure de mesurer des progrès aussi bien fonctionnels que de bien-être. En somme, la mesure et l’analyse des progrès sont devenues indissociables de la mission du coach sportif moderne, et les employeurs valorisent cette compétence pour garantir la qualité et l’efficacité des interventions.

 

Une technicité modulaire selon les segments de marché

5.2 Attentes actuelles et futures envers les coachs sportifs diplômés (horizon 2026)

 

Les métiers du sport évoluent rapidement face à la massification de la pratique sportive et à la diversification des publics. D’ici 2030, le secteur devrait croître de +12% en emplois selon la DARES bpjepsformation.fr. Dans ce contexte, employeurs (salles de fitness, studios, collectivités, entreprises) et prescripteurs (Maisons Sport-Santé, réseaux de soin, centres médico-sportifs) recherchent des compétences supplémentaires au-delà du diplôme. Ces attentes portent sur des compétences comportementales, numériques, relationnelles, entrepreneuriales et des spécialités techniques précises, afin de s’adapter aux nouvelles demandes du marché et du public.

 

Tendances de fond : individualisation, numérique et sport-santé

Les pratiques sportives se sont démocratisées et diversifiées ces dernières années observatoires.afdas.com. Les individus pratiquent pour des motivations variées : santé, détente, contact avec la nature, socialisation, amélioration de la forme ou de l’apparence observatoires.afdas.com. Ils attendent ainsi davantage de personnalisation dans l’encadrement sportif. Parallèlement, le numérique transforme le secteur : il devient central comme support de la relation client, outil de communication et d’animation de communauté, et permet de nouvelles formes de pratique à distance observatoires.afdas.com. Toutes ces mutations exigent des coachs une adaptation de leurs compétences professionnelles centre.franceolympique.com. Enfin, le phénomène du sport-santé prend de l’ampleur : plus de 550 Maisons Sport-Santé sont déployées en France en 2025 sante.gouv.fr, illustrant l’intégration du sport dans les parcours de santé et une demande croissante d’accompagnement d’un public avec pathologies ou besoins spécifiques.

 

Compétences techniques et spécialisées recherchées

Bien sûr, un coach sportif diplômé doit maîtriser les compétences techniques de base (anatomie, physiologie, méthodologie d’entraînement, sécurité) pour proposer des programmes efficaces et sûrs. Mais les employeurs attendent de plus en plus une double approche : polyvalence sportive d’un côté, et spécialisation ciblée de l’autre. D’une part, avec l’essor de nouveaux sports et la volonté des pratiquants de tester des activités variées, les coachs sont amenés à encadrer un plus large éventail de disciplines. Ils doivent renforcer leur capacité d’analyse des besoins et motivations des clients et leur ingéniosité pédagogique pour proposer des expériences diversifiées (gamification, usages numériques en séance, etc.) centre.franceolympique.com. D’autre part, certains coachs se spécialisent sur des publics spécifiques en forte croissance – par exemple les seniors, les personnes souffrant de pathologies chroniques ou en situation de handicap centre.franceolympique.com. Le sport-santé est ainsi un créneau en plein boom : de nombreuses structures envisagent d’embaucher un coach spécialisé sport-santé pour développer ces nouvelles activités, avec un modèle économique dédié creps-pdl.sports.gouv.fr. Les éducateurs Activité Physique Adaptée (APA) et coachs « sport-santé » font l’objet d’une demande accrue (ils représentaient déjà environ 5% des projets de recrutement dans le sport en 2024, se positionnant parmi les profils émergents les plus recherchés) creps-pdl.sports.gouv.fr.

En plus des spécialités liées à la santé, d’autres niches techniques montent en puissance. Par exemple, des tendances comme l’aquafitness, le sport électronique (e-sport) ou les sports de nature à visée écologique créent de nouveaux débouchés pour des coachs formés sur ces créneaux. Dans ces domaines, les compétences spécifiques (encadrement d’activités aquatiques, coaching d’équipes e-sport, sensibilisation environnementale, etc.) s’ajoutent aux compétences sportives classiques. Les employeurs valorisent donc fortement les certifications complémentaires et la formation continue permettant d’acquérir ces expertises pointues.

 

Compétences numériques et innovation pédagogique

La maîtrise des outils numériques est désormais incontournable. Les coachs sont censés utiliser largement le digital dans leur activité professionnelle olympique.com. Concrètement, il s’agit de savoir se servir d’applications et plateformes pour préparer et planifier les séances, suivre les progrès des clients, et ajuster les programmes. Le numérique sert aussi à dynamiser la relation en dehors des cours : beaucoup de structures attendent d’un coach qu’il communique avec les adhérents via les réseaux sociaux ou des apps, qu’il anime des communautés en ligne de pratiquants et qu’il assure un suivi personnalisé à distance olympique.com. Après la pandémie, le modèle hybride combinant coaching présentiel et en ligne s’est banalisé et les clients sont en demande de cette flexibilité europeanpti.com. Les employeurs recherchent donc des coachs à l’aise avec le digital, capables de donner des cours en visio, de créer du contenu en ligne (tutoriels, challenges virtuels) et d’exploiter les données issues des objets connectés (montres, capteurs) pour affiner l’entraînement.

Pourtant, il existe un retard de compétences numériques dans le secteur sportif. D’après une enquête nationale, les fédérations et acteurs externes estiment que les clubs sportifs « manquent de compétences numériques » en interne creps-pdl.sports.gouv.fr. Les formations traditionnelles de coach ont longtemps peu intégré le digital. Ce manque est en train d’être comblé : par exemple, la réforme du BPJEPS en 2025 intègre un bloc de compétences dédié à la “valorisation des activités” incluant la promotion et la communication numériquescles-sport.com. De même, des formations spécifiques au numérique (community management, outils de coaching en ligne, analyse de données sportives) commencent à voir le jour car les employeurs attendent désormais de leurs recrues qu’elles soient connectées et innovantes.

 

Compétences relationnelles et savoir-être (soft skills)

Les qualités humaines et relationnelles sont tout aussi cruciales que le savoir-faire technique. Un bon coach sportif est avant tout un pédagogue et un motivateur. Les employeurs insistent sur des soft skills comme la gestion de groupe, la communication claire et l’adaptabilité bpjepsformation.fr. Il faut savoir expliquer avec clarté, s’exprimer de façon positive et encourager chaque profil de pratiquant. L’empathie est très recherchée pour comprendre les besoins et freins de chacun, notamment avec des publics débutants, mal à l’aise ou fragilisés. Être à l’écoute, savoir personnaliser son approche et instaurer un climat de confiance fait la différence dans la fidélisation de la clientèle. Par exemple, dans une salle de sport, 63% des dirigeants placent la capacité à encadrer efficacement les activités physiques en tête des compétences attendues chez leurs coachs salariés creps-pdl.sports.gouv.fr. De leur côté, des partenaires externes (collectivités, financeurs…) jugent prioritaire que les éducateurs sportifs mettent en place des projets de développement pour le club creps-pdl.sports.gouv.fr – ce qui requiert des aptitudes relationnelles (négociation, animation de réseau, travail d’équipe avec les bénévoles).

Dans le champ du sport-santé, les qualités relationnelles sont encore plus déterminantes. Les Maisons Sport-Santé, par exemple, proposent un accompagnement de proximité et personnalisé : le coach y réalise un entretien initial, un bilan de condition physique, puis co-construit un programme adapté avec la personne sante.gouv.fr. Cela implique une grande capacité d’écoute, de pédagogie douce et de patience pour rassurer des publics parfois anxieux (seniors en perte d’autonomie, patients en rééducation, etc.). Le coach doit savoir travailler en lien avec les professionnels de santé (médecins prescripteurs, kinés…), donc communiquer dans un langage compréhensible par le corps médical et faire preuve de sérieux et de fiabilité dans son suivi. Le ministère des Sports et de la Santé insiste d’ailleurs sur un « encadrement compétent » et sécurisé pour ces publics vulnérables sante.gouv.fr. En somme, le savoir-être (empathie, éthique, gestion du stress, résolution de conflits) est évalué de près par les employeurs. Plus de 10% des besoins exprimés par les structures sportives concernent explicitement les soft skills professionnelles (travail en équipe, ponctualité, présentation, etc.) observatoires.afdas.com. Un diplôme seul ne suffit plus : il faut la personnalité qui va avec.

 

Compétences entrepreneuriales et gestion de projet

Beaucoup de coachs sportifs exercent sous statut indépendant ou en micro-entreprise – environ un tiers des éducateurs sportifs sont non-salariés dans le secteur du sport cereq.fr. Ce contexte pousse à développer de réelles compétences entrepreneuriales. Les coachs doivent savoir se vendre, prospecter et fidéliser leur clientèle. Ainsi, la maîtrise du marketing et de la promotion figure parmi les compétences indispensables : il faut promouvoir ses services (présence sur les réseaux sociaux, offres d’essai, bouche-à-oreille) et attirer de nouveaux clients. La gestion financière est également nécessaire pour qui monte son activité (établir ses tarifs, gérer la facturation, comptabilité de base). Même pour un coach salarié, un esprit « intrapreneur » est apprécié : être force de proposition pour lancer de nouvelles activités, aller démarcher des partenaires locaux, monter des événements spéciaux, etc. Les employeurs du sport signalent que 16,9% de leurs besoins en compétences portent sur la gestion de projet et l’événementiel observatoires.afdas.com. Par exemple, on attendra d’un coach en club qu’il sache organiser un stage sportif ou un challenge interne de A à Z. De même, 10,5% des besoins concernent la capacité à s’adapter aux évolutions des attentes des clients et à innover dans l’offre observatoires.afdas.com – ce qui requiert une veille du marché, de la créativité et souvent des compétences commerciales.

Les collectivités territoriales ou structures publiques qui recrutent des éducateurs sportifs apprécient particulièrement les profils capables de gérer des projets transversaux (ex: développer une offre « sport bien-être » sur un territoire, nouer des partenariats avec des associations, chercher des subventions). Dans les grandes entreprises, où le corporate wellness se développe, le coach sportif doit également avoir une posture professionnelle irréprochable et comprendre les enjeux de qualité de vie au travail pour proposer des programmes adaptés aux salariés. Là encore, le pilotage de projet et la gestion partenariale sont clés – par exemple pour mettre en place un plan d’activité physique sur ordonnance en partenariat avec la médecine du travail.

Conscient de ces attentes, le référentiel de formation a évolué. La réforme BPJEPS 2025 introduit un bloc de compétences « Conception et mise en œuvre de projets d’animation » afin d’étoffer la créativité et l’initiative des éducateurs sportifs en formation cles-sport.com. Un autre bloc « Valorisation des activités et projets » vise à leur apprendre à promouvoir et ancrer leurs actions dans le tissu social et institutionnel cles-sport.com. Ces ajouts reflètent la demande du terrain : un coach employable en 2025 est non seulement un bon technicien, mais aussi un développeur d’activités et un ambassadeur capable de faire rayonner sa structure.

 

Attentes spécifiques des prescripteurs médicaux et du public sport-santé

Avec la montée en puissance du sport sur ordonnance et des dispositifs sport-santé, de nouveaux prescripteurs (médecins, kinés, structures de soin) définissent des attentes précises vis-à-vis des coachs diplômés. En plus des compétences déjà évoquées (adaptation, écoute, sécurité), ils exigent souvent des qualifications supplémentaires. Par exemple, un coach intervenant en Maisons Sport-Santé devra idéalement posséder une Licence ou un DU en Activité Physique Adaptée, ou un certificat sport-santé spécifique, garantissant sa compréhension des pathologies et des protocoles adaptés. Ces prescripteurs attendent du coach qu’il sache travailler en équipe pluridisciplinaire, respecter le cadre réglementaire (confidentialité, suivi des indications médicales) et évaluer les effets de l’activité physique sur la santé du participant. Des compétences telles que la tenue de dossiers de suivi, la mesure de certains indicateurs (tests de forme, paramètres de base comme la fréquence cardiaque, glycémie, etc.) et la capacité à éduquer le patient à long terme sont valorisées. L’objectif est que le coach soit un intermédiaire de confiance entre le monde médical et le patient sportif. D’ailleurs, la Stratégie Nationale Sport-Santé insiste pour déployer le sport adapté « dans des conditions sécurisées […] avec un encadrement compétent » et labellisé sante.gouv.fr. En 2024, plus de 870 000 personnes avaient déjà été orientées ou accompagnées via une Maison Sport-Santé sante.gouv.fr – un volume qui illustre l’ampleur de la demande et la nécessité de coachs formés pour y répondre.

 

Attentes de la clientèle sportive : personnalisation, proximité et résultats

Enfin, il ne faut pas oublier les attentes du public lui-même, qui orientent indirectement celles des employeurs. La personnalisation est devenue le maître-mot : chaque client souhaite un programme sur mesure, adapté à son niveau, son rythme de vie et ses objectifs spécifiques. Qu’il s’agisse d’un cadre stressé cherchant du bien-être ou d’une personne en surpoids visant une meilleure santé, le coach doit proposer un suivi individualisé et évolutif. L’accent mis sur la santé dans la société se traduit par une attente de conseils holistiques : nutrition de base, hygiène de vie, récupération et même soutien mental. On voit ainsi des coachs élargir leurs compétences vers la préparation mentale, la gestion du stress ou le sommeil, pour répondre à cette demande globale de bien-être europeanpti.com.

La relation de proximité est également déterminante. Beaucoup de pratiquants recherchent un coach « humain », accessible et qui crée du lien. Après les confinements, l’aspect communautaire et convivial du sport a repris de l’importance : la possibilité de s’entraîner en petit groupe avec un coach, de rejoindre une communauté, renforce l’adhésion des clients healthandfitness.org europeanpti.com. En retour, les coachs capables d’animer des sessions collectives tout en maintenant une attention personnelle pour chacun sont très appréciés. Les clients attendent aussi de leur coach une disponibilité et une réactivité (répondre aux questions en dehors des séances, ajuster un planning, etc.), ce qui rejoint l’importance de la communication digitale évoquée plus haut.

Enfin, les aspects pratiques et qualitatifs comptent : les usagers accordent de l’importance à la commodité (horaires adaptés, possibilité de coaching à domicile ou en ligne) et au rapport valeur/prix du service healthandfitness.org. Ils sont prêts à payer si le coach apporte un véritable plus : suivi rapproché, variété des exercices, explications pédagogiques, et bien sûr résultats concrets. Cela met en avant une dernière compétence tacite attendue du coach : la capacité à évaluer les progrès et à démontrer l’efficacité de son encadrement (bilan réguliers, satisfaction mesurable). En somme, la clientèle de 2025 souhaite un coach 2.0, à la fois expert et polyvalent, technique et bienveillant, présent physiquement et connecté virtuellement.

 

 

En 2025, le profil du coach sportif diplômé recherché est résolument pluricompétent. Les employeurs et prescripteurs veulent des professionnels capables de combiner la passion du terrain avec des compétences transversales : excellente technique sportive, mais aussi aisance numérique, sens du contact, esprit d’initiative et spécialisation lorsque nécessaire. Les données confirment ces priorités : près des deux tiers des besoins concernent désormais des compétences au-delà du cœur technique (gestion de projet, relation client, soft skills, etc.) observatoires.afdas.com. Pour les coachs, cela signifie qu’il faut sans cesse compléter le diplôme initial par des formations continues ciblées (ex. certificat en nutrition, formation digitale, spécialisation public senior…). Le secteur du sport est en mutation rapide, tiré par une demande sociale forte (lutte contre la sédentarité, bien-être au travail, vieillissement actif). Les coachs qui réussiront dans les années à venir seront ceux qui sauront se réinventer, s’aligner sur ces attentes multiples et faire valoir la valeur ajoutée qu’ils apportent au-delà de leur titre. Comme le résume un responsable RH interrogé, « il est crucial que les candidats maîtrisent des compétences numériques […] et valorisent les soft skills comme la communication et l’adaptabilité » bpjepsformation.fr. En répondant à ces exigences, les coachs sportifs diplômés deviendront des acteurs incontournables du mieux-être de la population, à la croisée du sport, de la santé et de l’innovation.

 

 

6. Défis et opportunités à moyen terme

Opportunités majeures pour les coachs sportifs diplômés à l’horizon 2025

Vieillissement démographique et essor du sport-santé

Le vieillissement de la population crée un marché florissant pour les coachs sportifs spécialisés. En Europe, plus d’un cinquième de la population (21,6 %) a déjà 65 ans ou plus en 2024 ec.europa.eu. En France également, la part des seniors augmente, ce qui génère une demande massive d’activités physiques adaptées (APA) pour les personnes âgées. Les seniors recherchent de plus en plus un encadrement sportif sécurisant et personnalisé afin de rester en forme, prévenir la perte d’autonomie et améliorer leur qualité de vie. Ainsi, l’accompagnement des personnes âgées est identifié comme un secteur d’avenir particulièrement porteur pour les coachs formés à ces publics, avec la possibilité de proposer des services premium valorisant leur expertise.

Parallèlement, l’intégration du sport dans les parcours de soins offre de nouveaux débouchés. La notion de sport-santé – c’est-à-dire l’activité physique comme outil de prévention et de thérapie – est de plus en plus reconnue. Depuis la loi de 2016, les médecins peuvent prescrire de l’activité physique adaptée (APA) aux patients atteints d’affections de longue durée, et depuis 2022 ce dispositif s’est élargi à d’autres maladies chroniques sante.gouv.frgmf.fr. L’État a fortement investi dans les structures dédiées : plus de 550 Maisons Sport-Santé maillent désormais le territoire en 2025 (vs 436 en 2022), ayant déjà accompagné ou informé plus de 870 000 personnes sur la pratique d’une activité physique adaptée sante.gouv.fr. Ces lieux facilitent la mise en relation des patients avec des éducateurs sportifs qualifiés en APA. Pour les coachs sportifs diplômés, cela représente des opportunités de collaboration interprofessionnelle inédites – par exemple travailler de concert avec médecins, kinésithérapeutes, collectivités locales – afin de prendre en charge des publics ayant des besoins spécifiques (maladies cardiovasculaires, cancer en rémission, diabète, etc.). Cette “médicalisation” du sport exige des compétences supplémentaires mais professionnalise le métier et élargit le champ d’intervention des coachs. On observe ainsi l’essor de coachs spécialisés (diplômes universitaires APA-S, certifications sport-santé, etc.) capables d’encadrer des séances sur prescription médicale. La validation scientifique des bienfaits de l’exercice pour la santé (par ex. activité physique reconnue comme “thérapeutique non-médicamenteuse” par la HAS depuis 2011) vient renforcer la légitimité de ces spécialités. En retour, cela rassure le corps médical et les patients, facilitant les prescriptions d’APA et valorisant l’expertise des coachs formés en sport-santé.

 

Qualité de vie au travail (QVT) : le sport en entreprise en plein essor

Le bien-être des salariés est devenu un enjeu central pour les employeurs, et le sport en entreprise s’impose progressivement comme un levier clé de la Qualité de Vie au Travail (QVT). Les Jeux Olympiques de Paris 2024, désignés Grande Cause nationale, ont accru la sensibilisation à l’activité physique jusque dans le monde du travail courriercadres.com. Une enquête récente indique que 78 % des salariés jugent très important que leur entreprise déploie des actions pour encourager la pratique sportive régulière courriercadres.com. Les employeurs sont de plus en plus nombreux à répondre à cette attente : par exemple, la filiale sport de Décathlon (TrainMe) a constaté que le nombre d’entreprises sollicitant des programmes de sport-santé au travail a doublé en un an courriercadres.com. De grands groupes proposent désormais à leurs employés des sessions encadrées par des coachs (fitness, yoga, renforcement, etc.), via des plateformes comme Gymlib ou des partenariats avec des coachs indépendants. En 2024, on a observé une forte hausse de la participation des salariés français aux activités physiques offertes par leur entreprise, notamment en musculation (+120 %), Pilates (+98 %) ou encore des sports populaires comme le tennis (+84 %) courriercadres.com.

Cette tendance représente une opportunité de marché importante pour les coachs sportifs diplômés. L’intervention en milieu professionnel peut prendre la forme de cours collectifs sur site, de coaching individuel des employés, ou de conseils ergonomiques et bien-être. Les bénéfices sont multiples : pour l’employé (meilleure santé, cohésion d’équipe, diminution du stress) et pour l’entreprise (productivité accrue, baisse de l’absentéisme). D’après un baromètre Harmonie Mutuelle, 94 % des salariés pratiquant une activité physique via leur entreprise en constatent les bienfaits sur leur santé physique harmonie-mutuelle.fr. Le soutien institutionnel se renforce également, avec par exemple le Plan Sport & Entreprise promu par le Ministère des Sports. À l’horizon 2025, on peut donc s’attendre à ce que de plus en plus de PME et grandes entreprises fassent appel à des coachs professionnels, soit en interne soit en prestation, pour améliorer la QVT.

 

Digitalisation des services de coaching sportif

La transformation numérique du secteur sportif s’est accélérée, notamment sous l’effet de la pandémie de Covid-19, et elle ouvre de nouvelles perspectives pour les coachs diplômés. D’une part, le marché du fitness en ligne et du coaching à distance a explosé : cours en visioconférence, applications mobiles de suivi sportif, plateformes de mise en relation coach-client, programmes sur mesure diffusés via les réseaux sociaux, etc. D’autre part, les salles de sport elles-mêmes adoptent un modèle hybride combinant présentiel et digital (phygital) – par exemple, en fournissant des contenus d’entraînement en ligne à leurs adhérents en complément des séances sur site.

Les chiffres confirment l’ampleur du phénomène. Au niveau européen, les adhérents de clubs de fitness utilisent de plus en plus des outils numériques pour organiser et optimiser leurs entraînements : d’après une enquête EuropeActive, l’usage d’applications de suivi et de planification de séances a nettement augmenté ces dernières années. En parallèle, la pratique à domicile ou en extérieur, soutenue par des offres digitales (vidéos, cours virtuels, coaching en ligne), s’est durablement installée chez de nombreux publics. En 2023, 80 % des Français déclaraient pratiquer une activité fitness au moins occasionnellement (en salle, à domicile ou dehors), un taux en hausse de 5 points en un an, signe que de nouveaux pratiquants ont été conquis via des formats plus flexibles. Surtout, les offres numériques ont permis de toucher des personnes auparavant éloignées des salles de sport traditionnelles : le marché total du fitness en Europe a rebondi à 63,1 millions de membres en 2022 et 67,6 millions fin 2023, dépassant même le niveau d’avant pandémie perfectgym.com. Le chiffre d’affaires européen du secteur fitness a atteint 31,8 milliards d’€ en 2023 (+14 % sur un an) perfectgym.com, reflétant l’essor conjoint du présentiel et du digital.

Pour les coachs sportifs, la digitalisation représente une double opportunité. Premièrement, elle permet de développer de nouveaux services et sources de revenus : coaching en visioconférence avec des clients potentiellement partout dans le monde, création de contenus (programmes vidéos, podcasts), suivi des performances des clients via des objets connectés, etc. Deuxièmement, le numérique aide à fidéliser la clientèle existante en offrant un accompagnement plus personnalisé et flexible (applications de coaching 24/7, messagerie directe pour le conseil nutritionnel, etc.). Par exemple, de nombreux coachs indépendants ont pu conserver ou élargir leur portefeuille de clients pendant les confinements grâce aux cours en ligne, une tendance qui perdure aujourd’hui. Par ailleurs, l’innovation technologique ouvre des perspectives émergentes : usage de l’IA pour proposer des programmes adaptatifs, plateformes de mise en relation type Uber du coaching, ou encore réalité virtuelle pour des entraînements immersifs. Le marché mondial des solutions de coaching virtuel (assistants fitness virtuels, IA coach) connaît d’ailleurs une forte croissance (on estime qu’il pourrait atteindre 35 milliards de $ d’ici 2030, soit +16 % par an) – plutôt qu’une menace, ces outils peuvent devenir des alliés des coachs humains, en automatisant certaines tâches et en élargissant la base de pratiquants concernés.

En somme, le contexte socio-culturel de 2025 est favorable aux coachs sportifs diplômés : une population vieillissante qui aspire à vieillir en forme, des pouvoirs publics qui promeuvent le sport-santé et le sport en entreprise, et des innovations numériques qui multiplient les façons de consommer l’activité physique. Ces opportunités s’accompagnent toutefois de défis structurels importants à relever pour pérenniser l’activité des coachs.

 

 

Défis et enjeux structurels du métier de coach sportif

Précarité économique des coachs : le revers du statut d’indépendant

Malgré la croissance du marché du sport, beaucoup de coachs sportifs font face à une grande précarité économique. Le secteur du fitness et de l’encadrement sportif fonctionne largement sur un modèle d’auto-entrepreneuriat et de micro-entreprises individuelles, avec des revenus souvent irréguliers. En France, sur la dernière décennie, 98 % des entreprises créées dans le sport sont des entités sans salarié, dont les deux tiers correspondent à des entreprises individuelles de coachs ou moniteurs sportifs sports.gouv.fr. Autrement dit, la quasi-totalité des nouveaux coachs s’installent à leur compte en micro-entrepreneurs, sans structure employeuse pour les salarier. Cette explosion du travail indépendant se vérifie dans les données : la DARES recensait près de 65 000 auto-entrepreneurs dans les activités sportives en 2023, dont 41 827 économiquement actifs (c’est-à-dire ayant réellement une activité générant un revenu) observatoires.afdas.com. Ce nombre d’indépendants « actifs » a progressé en moyenne de +10 % par an entre 2013 et 2023 observatoires.afdas.com, illustrant l’engouement pour le statut d’auto-entrepreneur dans le coaching sportif. En parallèle, environ 21 000 travailleurs indépendants (hors régime auto-entrepreneur) exercent aussi dans le domaine du sport observatoires.afdas.com.

Or, cette prédominance de l’indépendance s’accompagne de revenus modestes et instables pour beaucoup de coachs. Nombre d’entre eux opèrent à temps partiel subi ou cumulent plusieurs activités pour s’en sortir (salarié à mi-temps + auto-entrepreneur à côté, etc.). Dans la branche du sport, 37 % des salariés sont à temps partiel (souvent subis) et 30 % en CDD, témoignant d’une difficulté à accéder à des emplois stables à plein temps sports.gouv.fr. Les enquêtes montrent qu’un coach sportif travaillant en indépendant à temps réduit gagne souvent moins de 500 € brut par mois par son activité principale, d’où l’obligation de multiplier les missions ou d’avoir un emploi complémentaire observatoires.afdas.com. Le phénomène de pluriactivité est très répandu : l’observatoire de l’Afdas estime que plus de 25 000 personnes cumulent un emploi salarié dans le sport et une activité indépendante en 2023 observatoires.afdas.com. Cette situation entraîne une précarité économique et sociale (faible protection chômage, faible couverture retraite/maladie pour les micro-entrepreneurs). Elle peut décourager la poursuite de la carrière de coach sur le long terme : le secteur souffre effectivement d’un turn-over élevé. Beaucoup de jeunes diplômés deviennent coachs quelques années puis renoncent faute de perspectives financières suffisantes ou d’évolution de carrière claire sports.gouv.fr.

Le poids des charges et la gestion administrative constituent un autre défi pour les coachs à leur compte. Bien que le statut d’auto-entrepreneur allège certaines cotisations, il limite aussi le chiffre d’affaires (seuil de ~77 000 € annuel pour prestations de services en 2025) et n’ouvre pas droit au chômage. Au-delà, certains coachs créent des structures (EURL, SASU) mais doivent alors facturer la TVA, assumer des coûts d’assurance, de déplacement, investir dans du matériel… pour des revenus qui restent souvent en deçà du SMIC au début.

Enfin, la crise du Covid-19 a montré la vulnérabilité économique de ces professionnels : du jour au lendemain, l’activité s’est arrêtée et beaucoup de coachs indépendants se sont retrouvés sans revenus, soulignant l’absence de filet de sécurité du statut. Si l’État a accordé des aides ponctuelles (fonds de solidarité), cela a aussi poussé la profession à s’organiser. En 2022-2023, on a vu émerger des collectifs de coachs revendiquant un soutien accru et une meilleure reconnaissance de leur métier. La question de la revalorisation tarifaire se pose également : dans un marché concurrentiel (voir ci-dessous), certains coachs bradent leurs séances pour attirer des clients, parfois au détriment de la viabilité financière de leur activité.

En résumé, la passion sportive ne suffit pas : les coachs sportifs de 2025 doivent faire face à un véritable défi entrepreneurial. Trouver un modèle économique pérenne (diversifier ses offres, fidéliser la clientèle, éventuellement se regrouper en structures collectives ou réseaux de franchise) est crucial pour surmonter la précarité qui caractérise aujourd’hui le métier pour beaucoup de diplômés entrant sur le marché.

 

Concurrence, saturation du marché et reconnaissance du métier

Le métier de coach sportif est confronté à une concurrence de plus en plus vive, tant en France qu’en Europe. Plusieurs facteurs contribuent à la saturation du marché :

Afflux de nouveaux diplômés : chaque année, environ 25 000 diplômés supplémentaires arrivent sur le marché de l’encadrement des activités physiques et sportives sports.gouv.fr (incluant BPJEPS, licences STAPS, CQP, etc.). Cet important vivier alimente la compétition pour les mêmes clients ou postes. Malgré une croissance de la demande de coaching, l’offre de coachs formés croît tout aussi vite, maintenant une pression concurrentielle élevée entre professionnels.

Baisse des barrières à l’entrée et non-diplômés : en France, l’encadrement sportif à titre rémunéré est réglementé (il faut un diplôme ou titre inscrit au RNCP, et obtenir une carte professionnelle). Cependant, dans la pratique, on observe une prolifération de coachs autoproclamés notamment sur Internet, parfois sans qualification officielle, qui proposent du coaching (souvent moins cher) via les réseaux sociaux ou en micro-entreprise. Cette concurrence déloyale de non-diplômés peut tirer les tarifs vers le bas et brouiller l’image de la profession. Sur le plan européen, la réglementation varie : certains pays sont moins stricts, ce qui permet à n’importe qui de se proclamer “personal trainer”. Les coachs dûment certifiés doivent donc se différencier pour justifier leur valeur ajoutée.

Concurrence des structures low-cost et des solutions digitales : la multiplication des salles de fitness low-cost (Basic-Fit, Keep Cool, etc., qui attirent des millions de membres) a changé la donne. Ces chaînes, pour maintenir des prix bas, proposent peu de coaching personnalisé inclus – le coaching devient un extra que seuls certains membres souscrivent. Par ailleurs, les applications de coaching automatique, les vidéos d’influenceurs fitness gratuits sur YouTube, ou les programmes tout faits en ligne représentent une alternative à bas prix qui concurrence indirectement le coach personnel. Même si ces offres ne remplacent pas l’expertise humaine, elles captent une partie du temps et du budget des pratiquants.

Face à ce marché du fitness saturé et concurrentiel, les coachs sportifs doivent éviter la “guerre des prix” et trouver des moyens de valoriser leurs compétences spécifiques. Une stratégie clé est la spécialisation (voir section suivante) : proposer une niche d’expertise permet de se démarquer. En effet, se positionner sur des créneaux pointus (par ex. coaching postnatal, accompagnement de patients en rémission de cancer, préparation physique d’athlètes master, etc.) réduit la concurrence directe et permet souvent de pratiquer des tarifs plus élevés grâce à la valeur ajoutée perçue. La spécialisation entraîne une clientèle plus reconnaissante, engagée et fidèle, et évite de devoir rivaliser uniquement sur les prix.

Un autre enjeu est la reconnaissance du métier lui-même. Bien que le terme “coach sportif” soit entré dans le langage courant, la profession souffre encore d’un certain flou aux yeux du grand public et même des institutions. Il n’existe pas d’Ordre professionnel ni de véritable label de qualité unifié. Les coachs sportifs aspirent à être considérés comme de véritables acteurs de la santé publique (prévention de l’obésité, du diabète, etc.), au même titre que les diététiciens ou kinésithérapeutes dans leur domaine. Or historiquement, ils étaient perçus surtout comme des animateurs de loisir ou des préparateurs physiques pour sportifs aguerris. En 2025, on constate des progrès dans cette reconnaissance : par exemple, le gouvernement français met en avant le rôle social des éducateurs sportifs et leur contribution à l’insertion et à la cohésion sociale sports.gouv.fr. Le Grenelle de l’emploi sportif en 2023 a souligné la nécessité de mieux valoriser ces métiers et de communiquer positivement sur le secteur, avec des campagnes prévues pendant l’olympiade pour promouvoir les métiers du sport sports.gouv.fr.

Néanmoins, des efforts restent à faire pour protéger la profession et accroître sa reconnaissance : lutte contre l’exercice illégal (coachs sans diplôme), sensibilisation du public au fait que le coaching requiert de vraies compétences (anatomie, physiologie, pédagogie, etc.), et amélioration des conditions d’emploi pour en faire une carrière attractive. À horizon 2025, l’un des défis sera également d’organiser la concurrence de manière saine : le développement de réseaux ou d’associations de coachs pourrait aider à établir des barèmes, partager les bonnes pratiques et parler d’une voix unifiée vis-à-vis des pouvoirs publics.

Enfin, on note une dimension européenne de la concurrence : la mobilité des coachs et des clients s’accroît. Par exemple, un coach français peut suivre des formations certifiantes européennes (EuropeActive, EHFA) et même s’inscrire sur le registre européen EREPS pour valider ses compétences à l’échelle de l’UE. Cela ouvre le marché de l’emploi, mais signifie aussi que les coachs français peuvent être en concurrence avec des anglophones offrant des services en ligne à moindre coût. L’harmonisation européenne des certifications (dispositif Europass, cadres EQF) avance, mais chaque pays garde ses spécificités en 2025. Les coachs doivent donc composer avec un environnement compétitif globalisé, tout en capitalisant sur leurs atouts locaux (proximité, réputation, réseau).

 

Lisibilité des parcours professionnels et “maquis” des certifications

Un défi de taille pour les coachs sportifs diplômés est la complexité des parcours de formation et de certification dans le domaine du sport. La filière souffre d’un manque de lisibilité, tant pour les aspirants coachs que pour les employeurs et le public, ce qui entrave la structuration de véritables carrières. Selon le ministère des Sports, on dénombre près de 1000 diplômes et certifications liés aux métiers du sport, dont plus de 350 certifications actives actuellement sports.gouv.fr. Ce “maquis” de formations inclut :

  • Les diplômes d’État Jeunesse et Sports (BPJEPS, DEJEPS, DESJEPS, etc. avec différentes mentions : activités de la forme, activités pour tous, haltérophilie-musculation, etc.) ;
  • Les diplômes universitaires STAPS (Licence et Master, par exemple la Licence Pro “Métiers de la forme” ou la Licence APA-Santé) ;
  • Les Certificats de qualification professionnelle (CQP) créés par les branches (ex : CQP ALS option AGEE, CQP Instructeur Fitness…) ;
  • Divers titres professionnels ou privés inscrits au RNCP ou au Répertoire Spécifique (RS), souvent émanant d’écoles privées ou de fédérations, avec des intitulés variés (coach personnel, préparateur physique, etc.) ;
  • Des certifications fédérales (diplômes d’entraîneur fédéral dans telle discipline sportive, parfois reconnues pour le sport sur ordonnance selon un arrêté récent legifrance.gouv.fr).

Pour un jeune qui envisage de “devenir coach sportif”, l’offre de formations est donc pléthorique et peu claire. Faut-il passer un BPJEPS (niveau bac), un CQP plus court, une Licence universitaire ? Beaucoup se perdent dans les équivalences et le jargon des diplômes. Cette confusion nuit à la lisibilité des compétences aux yeux des employeurs et du public. Par exemple, un client lambda ne sait pas forcément faire la différence entre un “coach certifié X” et un “BPJEPS AGFF” – ce qui complique la reconnaissance de la qualification du coach.

Ce manque de cohérence rend aussi les évolutions de carrière difficiles. Un coach titulaire d’un BPJEPS qui voudrait progresser vers un DEJEPS ou un diplôme universitaire peut se heurter à des parcours disjoints, sans passerelles faciles. Cela contribue à la stagnation et à la lassitude de certains professionnels, qui ne voient pas comment évoluer (vers de la préparation physique de haut niveau, vers des fonctions de formateur, de manager sportif, etc.). En conséquence, beaucoup quittent le métier après quelques années, alimentant le turn-over.

Conscient de ces enjeux, le Gouvernement a engagé en 2023 des réformes pour simplifier et mettre en cohérence les formations et certifications sportives. Lors du Grenelle des métiers du sport, une mesure forte annoncée est la création d’un référentiel commun des métiers, compétences et qualifications du sport (signé en octobre 2023) sports.gouv.fr. L’idée est d’aligner les diplômes d’État, les certifications professionnelles et les CQP sur un socle commun de blocs de compétences, afin de faciliter les passerelles. D’ici fin 2025, le ministère des Sports s’est fixé pour objectif de réviser l’intégralité de ses 110 diplômes en les découpant en blocs de compétences capitalisables sports.gouv.fr. Ainsi, un titulaire de BPJEPS pourrait à terme faire reconnaître certains blocs s’il poursuit en DEJEPS ou en Licence, évitant de “repartir de zéro”. Cette modularisation doit fluidifier les parcours professionnels et encourager la montée en compétence progressive des coachs tout au long de la carrière sports.gouv.fr. En parallèle, une plateforme en ligne “MétierScope” a été lancée fin 2023 pour centraliser l’information sur tous les métiers et formations du sport, et guider les jeunes dans leurs choix sports.gouv.fr.

Un autre aspect de la structuration de carrière est le besoin de spécialisation croissante. Comme évoqué précédemment, le marché valorise de plus en plus les coachs ultra-compétents sur un domaine précis (sport-santé, préparation mentale, nutrition sportive, etc.). De ce fait, les coachs sont incités à multiplier les certifications au cours de leur vie professionnelle pour élargir leur palette. On voit ainsi des BPJEPS compléter avec des certificats en Pilates, en CrossFit, en nutrition du sportif, ou suivre des formations courtes pour intervenir auprès de publics spécifiques (femmes enceintes, séniors, enfants…). Cette spécialisation continue est positive pour répondre aux attentes du public, mais elle a un coût (en temps et en argent) et peut ajouter à la confusion si ces micro-certifications prolifèrent sans reconnaissance formelle. France Compétences (l’organisme régulant le RNCP) a d’ailleurs annoncé en 2025 un allongement de la durée d’enregistrement des diplômes du sport au RNCP (désormais 5 ans au lieu de 3, pour donner plus de stabilité aux certifications) cosmos-sports.fr. Cela devrait éviter que les référentiels changent trop fréquemment et améliorer la visibilité des titres sur la durée.

En Europe, la démarche similaire d’harmonisation des qualifications progresse via le Cadre Européen des Certifications (EQF). EuropeActive, l’organisation professionnelle européenne du fitness, a établi des standards de compétences communs pour les niveaux d’instructeur fitness et personal trainer (niveaux EQF 3 et 4) europeactive-standards.eu. Ceci a permis la création du registre EREPS où sont inscrits plus de 30 000 coachs à l’échelle européenne répondant à ces critères communs. À horizon 2025, EuropeActive encourage aussi la spécialisation sur des créneaux comme la prévention (par ex. une nouvelle qualification européenne “Strength & Conditioning Coach” niveau 4 a été lancée europeactive.eu). On voit donc émerger un cadre de qualifications plus lisible au niveau européen, ce qui pourra faciliter la mobilité des coachs et la reconnaissance mutuelle des diplômes entre pays à terme.

En synthèse, clarifier les parcours est indispensable pour faire du coaching sportif un métier attractif et durable. Les réformes en cours visent à ce qu’un jeune entrant aujourd’hui puisse se projeter dans une carrière avec des étapes (débutant, senior, expert, formateur…) et non plus une simple accumulation de petits boulots. Un meilleur fléchage des formations aidera aussi les employeurs (salles de sport, collectivités, etc.) à comprendre les niveaux de qualification et à recruter en conséquence. Le défi restant sera de maintenir l’adéquation entre les compétences acquises et les besoins du marché, dans un univers sportif en constante évolution (nouvelles pratiques, nouvelles attentes du public).

 

Reconnaissance institutionnelle et travail en synergie avec le secteur santé

Le dernier enjeu majeur porte sur la reconnaissance institutionnelle des coachs sportifs et leur intégration dans des dispositifs plus larges, notamment en lien avec la santé publique et les collectivités territoriales. Si, sur le terrain, le rôle des coachs dans la promotion de la santé est de plus en plus visible, il reste à asseoir pleinement leur légitimité aux yeux des institutions et à développer les synergies interprofessionnelles.

Du côté de la santé, l’objectif est que le coach sportif diplômé devienne un acteur reconnu du parcours de soins de support et de la prévention. Des progrès notables ont eu lieu : le concept de “Sport sur ordonnance” s’est diffusé en Europe (plusieurs pays testent des programmes où l’activité physique est prescrite médicalement). En France, le déploiement des Maisons Sport-Santé (plus de 550 structures labellisées en 2025 sante.gouv.fr) offre un cadre officiel où intervenants médicaux et coachs APA travaillent main dans la main. Cependant, il subsiste des freins réglementaires : pour qu’un coach intervienne auprès de patients sur prescription, il doit justifier de qualifications précises (Licence ou Master APA-S, ou certifications complémentaires reconnues par l’État) sport-ordonnance.fr. Tous les coachs “classiques” (BPJEPS Activités de la Forme par ex.) ne peuvent pas d’emblée accéder à ce marché sans une formation additionnelle en sport-santé. De plus, la question du financement n’est pas encore résolue : les séances de sport sur ordonnance ne sont généralement pas remboursées par la Sécurité sociale en 2025 (sauf expérimentation locale), ce qui limite l’essor économique du secteur. Le plaidoyer des organisations professionnelles vise à terme à obtenir une prise en charge (par les mutuelles ou l’assurance maladie) de l’activité physique adaptée, ce qui créerait un appel d’air en matière d’emplois de coachs. D’ici là, les coachs doivent souvent bâtir des partenariats locaux avec des médecins, kinés ou hôpitaux pour être intégrés dans les réseaux de soin (par ex. programmes de réhabilitation cardiaque avec un coach en plateau technique). La confiance mutuelle entre le corps médical et les éducateurs sportifs se construit progressivement : les médecins commencent à reconnaître la valeur ajoutée de coachs formés pour améliorer l’observance d’une activité physique chez leurs patients. L’inscription de l’activité physique dans le paysage législatif de la santé (Stratégie Nationale Sport-Santé, intégration dans la Stratégie Nationale de Santé) va dans le bon sens sante.gouv.fr. Le défi est désormais de pérenniser ces collaborations et de faire en sorte que chaque maison de santé, chaque hôpital ait ses référents en activité physique vers qui orienter les patients – et que les coachs sportifs y trouvent leur place aux côtés des enseignants APA et kinésithérapeutes.

Du côté des collectivités et du sport pour tous, la reconnaissance institutionnelle passe par la participation des coachs aux politiques publiques sportives. Les municipalités, départements et régions multiplient les initiatives de sport santé, sport bien-être, sport dans l’espace public, etc. Par exemple, certaines villes financent des programmes “Bouger sur ordonnance” pour les seniors, ou des cours gratuits en parc animés par des coachs en été. Les coachs sportifs diplômés doivent être associés à ces projets en tant que professionnels qualifiés. En France, l’Agence Nationale du Sport et les autorités encouragent l’emploi sportif via des dispositifs d’aides (plus de 6000 emplois aidés en 2022 dans le secteur sport sports.gouv.fr). L’héritage attendu des JO 2024 comprend un volet sur l’activité physique pour tous : cela pourrait se traduire par des embauches de coachs par les collectivités pour animer des séances régulières en quartier, en entreprise locale, etc. Là encore, la clé sera que les appels d’offres et subventions intègrent les coachs diplômés et évitent une approche purement bénévole ou associative. Professionnaliser l’offre de sport pour tous est un enjeu de qualité et de sécurité, et les coachs formés sont en première ligne pour y contribuer.

Au niveau européen, on assiste également à une montée de la prise en compte du sport dans les politiques de santé et sociales. L’Union Européenne, via des recommandations et programmes (comme Erasmus+ Sport, le plan BEPA – “Boosting Exercise Prescription in the EU”), incite les États membres à promouvoir l’activité physique pour améliorer la santé des citoyens. Un constat préoccupant est que 45 % des Européens ne font jamais d’exercice ou de sport europa.eu. Lutter contre cette sédentarité représente un immense chantier où les coachs sportifs peuvent jouer un rôle central, en encadrant les nouveaux pratiquants peu habitués au sport. Des projets transnationaux émergent, par exemple pour former des “health fitness instructors” avec un curriculum commun reconnu dans plusieurs pays. D’autre part, les fédérations européennes (telles qu’EuropeActive) œuvrent pour que les salles de fitness deviennent des acteurs de santé publique – leur manifeste Horizon 2025 vise à positionner le secteur fitness comme fournisseur d’activité physique contribuant à la santé physique et mentale des Européens neppe.awfis.net. Cela implique de créer des ponts entre les industries du fitness et les systèmes de santé nationaux.

Pour le coach sportif de 2025, ces évolutions signifient qu’il devra probablement adapter son discours et ses compétences pour travailler en lien avec des institutions : apprendre le vocabulaire médical de base, savoir évaluer les besoins spécifiques de publics à pathologies, maîtriser l’évaluation de la condition physique selon des protocoles reconnus, etc. La formation continue jouera un rôle vital pour rester à la page (par exemple, obtenir un certificat en “Sport sur ordonnance” délivré par la DRJSCS, ou suivre un DU universitaires en sport-santé). Mais ces efforts ouvrent la voie à une légitimation accrue : on peut imaginer qu’à moyen terme, un coach sportif reconnu et expérimenté puisse être considéré comme un auxiliaire de prévention au sein d’une équipe pluridisciplinaire, avec pourquoi pas des financements publics à la clé.

En conclusion, les coachs sportifs diplômés à l’horizon 2025 naviguent dans un contexte riche en opportunités – sociétales (public vieillissant, importance de la santé), économiques (essor du marché du fitness et du bien-être), technologiques (digitalisation) – mais aussi en défis structurels – précarité, forte concurrence, complexité des formations, nécessité de reconnaissance. Les données du secteur montrent une dynamique positive : le sport représente 2,6 % du PIB français avec 71 Md€ de chiffre d’affaires et près de 400 000 emplois (1,3 % de l’emploi total) sports.gouv.fr, et l’emploi sportif croît en moyenne de +3 % par an sports.gouv.fr. Le gouvernement vise même la création de 100 000 emplois sportifs supplémentaires d’ici 2027, en capitalisant sur l’effet Paris 2024 sports.gouv.fr. Néanmoins, pour que ces projections se concrétisent et que le métier de coach sportif gagne en pérennité et attractivité, il faudra relever les défis évoqués : assurer des conditions d’exercice viables aux coachs (statuts, revenus), clarifier et valoriser leurs qualifications, et inscrire pleinement le coaching sportif dans l’écosystème de la santé et du bien-être. À ce prix, le coach sportif diplômé de 2025 pourra véritablement s’épanouir dans une carrière durable au service de la forme et de la santé de la population.

 

Face au vieillissement de la population, à la montée des enjeux de santé publique et à l’intégration croissante du sport en entreprise, les opportunités pour les coachs sportifs se diversifient. Toutefois, la concurrence reste forte et les conditions économiques précaires pour de nombreux auto-entrepreneurs. La reconnaissance du métier, la structuration de l’offre de formation et la sécurisation des parcours professionnels sont des enjeux majeurs à l’horizon 2025.

7. Implications pour la formation des coachs sportifs diplômés à l’horizon 2025 en France

 

Adaptation des formations initiales aux nouveaux besoins du marché

 

Les cursus de formation des coachs sportifs (CQP, BPJEPS, DEJEPS, etc.) ont évolué ces dernières années pour répondre à des demandes émergentes comme le sport-santé, la qualité de vie au travail (QVT) en entreprise, le coaching hybride (mélange de présentiel et de distanciel) et la spécialisation par pratiques ou publics. Par exemple, le ministère des Sports encourage désormais le développement du “coach sport santé” capable d’encadrer des publics avec pathologies ou handicaps dans une pratique adaptée, incluant des conseils en nutrition et bien-être sports.gouv.fr. Concrètement, des certifications complémentaires ont vu le jour pour doter les éducateurs sportifs diplômés de compétences en sport-santé : c’est le cas du certificat Intervenir en Activité Physique pour la Santé (IAPS), une formation courte réservée aux titulaires d’un BPJEPS ou équivalent, visant à mieux accompagner les publics fragiles ou atteints de maladies chroniques horizon-formation.fr. Ce certificat (déposé au Répertoire Spécifique) illustre l’adaptation des titres professionnels aux nouveaux besoins, en ouvrant aux coachs des perspectives de carrière vers le sport sur ordonnance et le secteur de la prévention santé. De même, la demande croissante de programmes de bien-être en entreprise (QVT) incite les coachs à se former sur l’animation d’ateliers d’activité physique en milieu professionnel, bien que cette spécialisation passe souvent par des modules internes aux employeurs ou des formations continues courtes plutôt que par un diplôme d’État spécifique. Par ailleurs, le coaching hybride s’est normalisé : les éducateurs sportifs apprennent à utiliser les outils numériques (applications d’entraînement, visioconférence, objets connectés) pour suivre et motiver leurs clients à distance, répondant ainsi à l’essor des “coachs virtuels” et applications sportives en ligne observatoires.afdas.com. Cette hybridation permet une plus grande flexibilité des séances et une personnalisation accrue, en phase avec l’attente de pratiques sportives sur-mesure (choix des horaires, activités modulables) exprimée par le public observatoires.afdas.com. Enfin, les formations initiales intègrent davantage de spécialisations pour se différencier sur un marché concurrentiel : outre les mentions traditionnelles (activités de la forme, sports collectifs, etc.), on voit émerger des parcours dédiés à des niches (par exemple, préparation mentale, yoga, coaching de sportifs d’e-sport, etc.), souvent sous forme de certifications additionnelles enregistrées au RS pour compléter le diplôme principal.

 

Blocs de compétences, numérique et démarches qualité dans les référentiels

Depuis la réforme de 2018 et la loi « Avenir professionnel », l’architecture des diplômes sportifs s’est structurée en blocs de compétences. Cela signifie que chaque certification est découpée en ensembles cohérents de compétences, pouvant être acquis et validés progressivement. Par exemple, le CQP “Instructeur Fitness” a été refondu en 2025 : il est passé d’un système d’Unités Capitalisables (UC) à une organisation en 5 blocs de compétences, chacun correspondant à un ensemble de savoir-faire professionnels à maîtriser encp.fr. Cette modularisation facilite une lecture simplifiée des parcours et offre plus de souplesse aux apprenants, notamment pour les personnes en reconversion qui peuvent capitaliser des blocs sur plusieurs sessions encp.fr. De plus, l’inscription de ce CQP renouvelé au Répertoire National (code RNCP 40595) le rend éligible au financement CPF, preuve de sa reconnaissance officielle. Plus globalement, la mise en blocs s’accompagne d’une mise à jour régulière des référentiels de compétences pour coller aux évolutions du métier : intégration de modules sur le numérique (community management, coaching via applications, analyse de données d’entraînement) et sur de nouvelles thématiques (ex. prévention des blessures, publics seniors, éco-responsabilité dans le sport, etc.).

En parallèle, les exigences de qualité se sont fortement accrues pour les organismes de formation. Depuis le 1er janvier 2022, la certification Qualiopi est obligatoire pour tout organisme souhaitant bénéficier de fonds publics ou mutualisés (ex. financements CPF, apprentissage) centre-inffo.fr. Cela a poussé les centres de formation – qu’ils soient publics (CREPS, fédérations) ou privés – à standardiser leurs pratiques pédagogiques et administratives selon le Référentiel National Qualité. Environ 45 000 organismes sont certifiés Qualiopi début 2025 en France certifopac.fr, dont une part importante dans le domaine sportif. Concrètement, Qualiopi impose, entre autres, de suivre les taux de réussite et d’insertion, d’individualiser l’accompagnement des stagiaires et d’assurer une amélioration continue des formations. Cette démarche qualité rejoint les attentes de France Compétences, qui renforce également son contrôle sur les certifications enregistrées aux répertoires RNCP et RS. Un décret de juin 2025 est venu durcir les critères d’enregistrement et les pouvoirs de sanction de France Compétences à l’encontre des certificateurs ne respectant pas les standards (pertinence des référentiels, taux d’insertion, etc.) legifrance.gouv.fr. Enfin, la digitalisation de la pédagogie est un levier majeur de qualité et d’attractivité : de nombreux organismes ont adopté un format blended learning (mixte) avec des plateformes e-learning, des classes virtuelles et des outils innovants. Par exemple, certaines écoles de coachs proposent un rythme alterné 1 semaine de cours présentiels par mois complétée par du e-learning chaque semaine, ce qui permet aux stagiaires de s’entraîner en autonomie entre les sessions. Ces innovations pédagogiques (simulation de cas pratiques via vidéo, modules en réalité virtuelle, feedbacks individualisés en ligne…) contribuent à professionnaliser davantage les futurs coachs et à homogénéiser le niveau des diplômés sur l’ensemble du territoire, y compris pour ceux qui se forment à distance.

 

Données clés sur les diplômes et l’insertion professionnelle des coachs sportifs

Le nombre de certifications délivrées dans le secteur sportif est en augmentation, signe d’un attrait croissant pour ces métiers et d’une structuration renforcée des filières de formation. En 2022, le ministère chargé des Sports a délivré environ 16 100 diplômes d’État (BPJEPS, DEJEPS, etc.), en hausse de 8,7 % par rapport à 2012 injep.fr. La principale porte d’entrée reste le BPJEPS (niveau 4, équivalent bac) qui forme les animateurs et éducateurs sportifs : sur la promotion 2022-2023, 14 100 personnes ont obtenu un BPJEPS, un volume en hausse de +11 % par rapport à l’année précédente patrickbayeux.com. Parmi ces diplômés BPJEPS, 77 % ont choisi la spécialité « éducateur sportif » (champ du sport) contre 23 % la spécialité « animateur » patrickbayeux.com. Cette prédominance du volet sportif reflète l’essor des métiers du coaching et de la forme physique. Dans la spécialité éducateur sportif, on observe une concentration des diplômés sur quelques mentions phares, en tête desquelles : « Activités de la forme » (26 %) – qui correspond aux métiers de la remise en forme, du fitness et de la musculation – et « Activités physiques pour tous » (25 %) – formation généraliste orientée vers le multisport et le sport-loisirs patrickbayeux.com. Viennent ensuite des mentions plus ciblées comme « sports collectifs » (14 %), « activités aquatiques et natation » (9 %) ou « activités équestres » (8 %) patrickbayeux.com. Cette répartition témoigne d’une demande forte dans le secteur du fitness/bien-être, tout en maintenant des débouchés dans des domaines plus spécialisés (natation, équitation, etc.) qui nécessitent des compétences techniques spécifiques. Côté animation socio-culturelle (23 % des BPJEPS), les deux tiers des diplômés se concentrent sur la mention « loisirs tous publics », très généraliste, suivie de l’« animation sociale » (~26 %) répondant aux besoins des structures travaillant avec des publics fragiles patrickbayeux.com.

En parallèle des diplômes d’État, la branche professionnelle du sport délivre des Certificats de Qualification Professionnelle (CQP) pour certifier des compétences ciblées, souvent dans le cadre des fédérations sportives. En 2023, l’Organisme Certificateur de la branche Sport a ainsi attribué 5 139 CQP dans l’ensemble du pays observatoires.afdas.com. Le CQP le plus répandu est l’« Animateur de Loisir Sportif » (multisport) avec 1 500 certifications cette année-là, souvent utilisé pour qualifier des éducateurs bénévoles ou occasionnels en club observatoires.afdas.com. Viennent ensuite des CQP très spécialisés par discipline, par exemple : Initiateur voile (909 certifiés en 2023), Éducateur de tennis (866), Instructeur fitness (424), Moniteur de canoë-kayak (287) ou Moniteur d’arts martiaux (233) observatoires.afdas.com. Cette diversification des CQP par activité sportive montre comment les besoins de qualification sont couverts de façon fine dans chaque filière sportive – souvent sous l’égide des fédérations – pour permettre aux clubs d’embaucher des encadrants compétents. À noter que plus d’un tiers des certifiés CQP en 2023 sont des femmes (36 %) et plus de la moitié ont moins de 30 ans (56 %), traduisant un profil jeune et relativement féminisé par rapport à d’autres diplômes du sport observatoires.afdas.com.

En termes d’insertion professionnelle, les statistiques sont globalement encourageantes, bien qu’en légère baisse récente du fait de l’augmentation rapide du nombre de diplômés. D’après l’enquête nationale IDJEPS coordonnée par l’INJEP, 75 % des titulaires d’un BPJEPS 2022-2023 étaient en emploi (ou volontariat en service civique) environ 9 mois après l’obtention du diplôme injep.fr. Ce taux d’emploi a fléchi de 4 points par rapport à la promotion précédente, en raison notamment de l’afflux de nouveaux éducateurs sportifs sur le marché injep.fr. Néanmoins, la grande majorité exerce dans le domaine pour lequel ils ont été formés : parmi les diplômés en emploi, 74 % indiquent que leur poste principal est en lien direct avec la formation BPJEPS qu’ils ont suivie injep.fr. Ce taux d’adéquation formation-emploi atteint même 82 % pour les diplômés de la filière animation, et 71 % pour ceux de la filière sportive injep.fr. On observe cependant des conditions d’emploi contrastées : les éducateurs sportifs travaillent souvent sous statut mixte (cumul de plusieurs employeurs, statut d’indépendant, auto-entrepreneur, etc.), alors que les animateurs socio-culturels sont majoritairement salariés d’un seul employeur patrickbayeux.com. Par exemple, près d’un quart (23 %) des coachs sportifs diplômés déclarent cumuler au moins une activité secondaire rémunérée en plus de leur emploi principal, traduisant la prévalence du multi-emploi dans le sport patrickbayeux.com. Concernant l’apprentissage, son développement a amélioré l’insertion de nombreux jeunes : les BPJEPS par apprentissage bénéficient souvent d’une embauche à l’issue de la formation, bien que des chiffres précis par voie de formation initiale (continue, alternance, VAE) n’aient pas été publiés dans les sources consultées. Globalement, les perspectives d’emploi restent favorables pour les coachs sportifs diplômés, portées par la croissance de la demande de cours de fitness, de coaching personnalisé et par les politiques publiques encourageant le sport pour tous et le sport-santé.

 

Parcours de formation innovants et rôle des organismes pionniers

Face à ces évolutions, certains organismes de formation innovants jouent un rôle moteur en proposant des parcours adaptés et différenciants. Ils expérimentent de nouvelles approches pédagogiques et collent au plus près des besoins spécifiques du marché sportif. Par exemple, Broussal-Derval Formations – dirigé par Aurélien Broussal-Derval, préparateur physique de renommée internationale – a développé une offre unique de diplômes et certifications en mode hybride ou entièrement à distance. Cet organisme propose des cursus certifiants 100 % en ligne pour des diplômes d’État habituellement exigeants en présentiel, comme le BPJEPS Activités de la Forme (option haltérophilie-musculation) ou le DEJEPS Haltérophilie, Musculation et Force Athlétique (HMFA) broussal-derval.com. Grâce à un partenariat avec les autorités (Jeunesse et Sports), ces formations à distance permettent aux apprenants d’obtenir une carte professionnelle reconnue tout en bénéficiant de la flexibilité du e-learning. Broussal-Derval Formations offre également des spécialisations pointues en e-learning (par exemple un module Coach Profilage sur l’évaluation du profil et de la performance des athlètes) pour compléter les compétences des coachs broussal-derval.com. Cette approche novatrice conjugue le meilleur du terrain et du numérique : les contenus sont dispensés via des cours en ligne interactifs, des webinaires animés par des experts invités, et des stages pratiques tutorés sur le lieu de vie du stagiaire. Les résultats sont au rendez-vous, avec plus de 90 % de réussite aux examens et près de 88 % d’insertion professionnelle immédiate annoncés sur certains parcours hybrides récents.

De même, d’autres organismes privés ou fédéraux intègrent l’innovation pédagogique pour se démarquer : parcours individualisés, usages de la vidéo et de l’analyse de mouvement, mises en situation sur le terrain dès la formation, etc. Par exemple, l’organisme Horizon Formation met l’accent sur une pédagogie active et immersive, avec accompagnement personnalisé, pour former les éducateurs “sport-santé” de demain horizon-formation.fr. On constate aussi une mutualisation des expertises : certaines écoles s’associent à des fédérations ou des entreprises du secteur fitness pour proposer des parcours double certification (par exemple un diplôme français + une certification internationale type NASM ou CrossFit), renforçant l’employabilité à l’international des coachs formés. Enfin, le déploiement de l’apprentissage dans les métiers du sport (via les CFA spécialisés) et le financement via le CPF ont ouvert la voie à des publics plus divers pour accéder à ces formations, y compris en reconversion professionnelle. Les organismes de formation référents – qu’ils soient historiques comme les CREPS ou émergents comme des académies privées – contribuent à structurer des parcours adaptés aux besoins actuels : ils insistent sur la polyvalence (animation sportive, promotion de la santé, management associatif) tout en offrant des spécialisations différenciantes pour que chaque coach diplômé puisse trouver son niche (préparation physique haut-niveau, coaching en entreprise, activités de pleine nature, etc.). Cette agilité du système de formation professionnelle, soutenue par France Compétences et les branches, permet d’anticiper les évolutions du marché du sport et d’assurer aux coachs sportifs diplômés en 2025 un profil de compétences en phase avec les attentes du secteur, tant en matière de savoir-faire techniques que de savoir-être (pédagogie, innovation).

 

8. Conclusion et recommandations

Le métier de coach sportif en France est en pleine mutation. Pour répondre aux exigences du terrain et aux attentes des employeurs, les futurs professionnels doivent viser une double compétence : technique et entrepreneuriale. Investir dans une formation coach sportif reconnue est une étape incontournable pour se démarquer. Du côté des recruteurs, l’accompagnement des jeunes coachs, la sécurisation des statuts et la reconnaissance des qualifications doivent devenir des priorités. Enfin, pour les acteurs de la formation, l’enjeu sera de maintenir un haut niveau d’exigence tout en innovant dans les formats pédagogiques.

Sources

  • Ministère des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques (MSJOP) – données officielles sur les certifications, politiques publiques sportives et rapports du Grenelle des métiers du sport 2023.
  • France Compétences – Répertoires RNCP et RS, référentiels de compétences, contrôle qualité des certifications professionnelles.
  • INJEP (Institut National de la Jeunesse et de l’Éducation Populaire) – Enquête IDJEPS, chiffres-clés du sport, emploi et insertion des diplômés BPJEPS.
  • AFDAS – Observatoire des métiers du Sport – Études de branche, cartographie des besoins en compétences 2024, PRN Sport-Innovations.
  • France Travail (ex-Pôle Emploi) – Données sur les statuts professionnels, tendances de l’emploi sportif et profils types des coachs.
  • EuropeActive / DeloitteEuropean Health & Fitness Market Report – France 2023, standards de formation européens, prospective du marché du fitness.
  • Eurostat / Eurobaromètre – Données européennes sur les pratiques sportives, attentes clients, insertion professionnelle.
  • CREPS – Centre de Ressources, d’Expertise et de Performance Sportive – Référentiels, réforme BPJEPS 2025, dispositifs de formation.
  • Fiches RNCP/CQP (France Compétences) – Détail des blocs de compétences, conditions d’accès, taux d’insertion.
  • IRSS – Contributions sur la spécialisation des coachs, hybridation des formats de formation.
  • Experts sectoriels – Patrick Bayeux (analyse stratégique du secteur), Horizon Formation, bpjepsformation.fr, cles-sport.com, cartographie des métiers du sport par le CNOSF.
  • Étude Deloitte – European Health & Fitness Market Report 2023 – Données quantitatives sur la France (emploi, digitalisation, segments porteurs, évolution des modèles économiques).
  • Sources complémentaires :

 

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